L’Association canadienne du gaz envoie une lettre au Premier ministre Justin Trudeau, soulignant le rôle essentiel du gaz naturel dans la sécurité énergétique nationale et mondiale.

Le très honorable Justin Trudeau
Premier ministre du Canada
80, rue Wellington
Ottawa (Ontario)
K1A 0A3

Objet : Le gaz naturel – une opportunité nationale et mondiale à saisir pour le Canada

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous remercie de votre lettre du 20 février, en réponse à la mienne du 29 janvier dans laquelle j’exposais l’état de la situation au sujet du gaz naturel. Comme vous l’avez indiqué dans la vôtre :

[Traduction]

Le gaz naturel a été une source vitale d’énergie fiable pendant la vague de froid qui a touché l’Ouest du Canada au cours de la deuxième semaine de janvier. Il s’agit d’un élément crucial pour garantir l’offre d’un bouquet énergétique abordable et fiable aux Canadiens et Canadiennes, et non seulement lorsque nous connaissons des événements météorologiques extrêmes.

Parfois, cette réalité – c’est-à-dire le rôle vital et crucial du gaz naturel pour le bien-être énergétique de notre pays – semble difficile à faire comprendre aux décideurs canadiens. Votre déclaration claire à ce sujet devrait nous aider à faire progresser les choses.

Vous avez poursuivi en notant ce qui suit :

[Traduction]

Le gaz naturel jouera un rôle clé à mesure que les systèmes énergétiques du pays se diversifieront pour élargir ce bouquet énergétique, alors que nous nous dirigeons vers un avenir carboneutre.

Le secteur de l’approvisionnement en gaz est tout à fait d’accord avec votre déclaration au sujet du rôle clé que joue le gaz naturel. Il s’agit non seulement d’un combustible essentiel à utilisation directe par les Canadiens et Canadiennes, mais aussi d’un partenaire essentiel pour les énergies renouvelables intermittentes. En effet, lorsque le vent ne souffle pas et que le soleil ne brille pas, le gaz, lui, continue d’être acheminé aux clients.

De plus, l’industrie travaille sans relâche à l’amélioration du rendement de son réseau gazier. Les travaux que nous menons dans tout le Canada en faveur d’autres combustibles gazeux, comme le gaz naturel renouvelable et l’hydrogène, en sont un bon exemple. Le moyen le plus rentable d’acheminer ces combustibles gazeux vers les Canadiens et Canadiennes consiste à profiter des centaines de milliers de kilomètres d’infrastructures gazières dont nous disposons aujourd’hui. Ceux qui réclament l’interdiction du gaz naturel allèguent que nous n’avons pas besoin de ces infrastructures, ce qui témoigne du fait qu’ils ignorent les réalités du système énergétique canadien, y compris l’importance vitale de sa fiabilité compte tenu de notre climat. Les interdictions en ce sens mettront les Canadiens et Canadiennes en danger en cas de conditions météorologiques extrêmes, car elles élimineront les filières abordables qui fournissent du gaz naturel aujourd’hui et qui promettent la fourniture d’hydrogène, de gaz naturel renouvelable et de tout autre nouveau combustible gazeux à l’avenir.

Cependant, le gaz naturel ne représente pas une opportunité à saisir que pour notre pays; le monde entier pourrait également en profiter.

On a récemment souligné le deuxième anniversaire du début de l’invasion russe en Ukraine. Outre l’horreur que cette guerre a fait subir au peuple ukrainien, elle a aussi fondamentalement transformé le débat mondial sur l’énergie. La sécurité énergétique et la sécurité géopolitique sont plus que jamais interreliées. De nombreux alliés – plus récemment la Grèce, mais avant eux des collègues du G7, soit l’Allemagne, le Japon et l’Italie – ont exprimé le souhait de voir le Canada jouer un rôle plus important en matière de sécurité énergétique à l’avenir. Alors, que peut faire le Canada à ce propos?

En ce qui concerne le gaz naturel, nous pouvons tout simplement jouer un plus grand rôle. Nous pouvons produire davantage de gaz naturel, nous pouvons construire des gazoducs pour acheminer davantage de gaz vers les États Unis – qui sont devenus en peu de temps le premier exportateur mondial de gaz – et nous pouvons construire des gazoducs et davantage d’installations de GNL pour exporter celui-ci directement vers les marchés mondiaux.

Certains parlent de la possibilité hypothétique d’actifs délaissés en ce qui ce concerne le GNL. Les marchés du monde entier nous indiquent toutefois tout le contraire. En effet, les principaux producteurs mondiaux prévoient une augmentation de 40 % de la demande de gaz naturel au cours des prochaines décennies. Le monde veut du gaz naturel et en voudra encore très longtemps, car il offre une valeur extraordinaire à bien des égards.

Mais d’où viendra ce gaz naturel? Ce qui est susceptible d’être une courte pause dans le développement des exportations américaines de GNL ne changera rien au fait que l’Amérique du Nord est un fournisseur privilégié pour les acheteurs du monde entier. Le Canada devrait en faire davantage dans le cadre de l’approvisionnement énergétique provenant de l’Amérique du Nord.

Si nous n’agissons pas, les conséquences seront très négatives sur plusieurs plans. En effet, pour ceux qui se soucient des émissions de gaz à effet de serre (GES), de la qualité de l’air et d’autres préoccupations environnementales, moins de gaz naturel canadien signifie davantage de combustibles à fortes émissions pour produire de l’énergie. Pour ceux qui se préoccupent de la diversité énergétique, moins de gaz naturel canadien constituerait, paradoxalement, un frein au développement de combustibles de substitution, car le gaz naturel est essentiel en tant que partenaire des énergies renouvelables, soit en tant que gaz d’alimentation pour de nouveaux combustibles comme l’hydrogène, ou en tant que base pour d’autres approvisionnements en énergie gazeuse, étant donné l’incroyable adaptabilité de son infrastructure pour le transport de ces combustibles. Pour ceux qui se préoccupent de la fiabilité, moins de gaz naturel canadien signifie un système énergétique moins fiable à l’échelle mondiale, étant donné le rôle crucial de cette source d’énergie dans de nombreux systèmes énergétiques. Pour ceux qui se préoccupent de la pauvreté, moins de gaz naturel canadien signifie des coûts énergétiques plus élevés (en raison des contraintes d’approvisionnement), ce qui ralentirait le développement économique de ceux qui en ont le plus besoin dans les pays les plus pauvres, et davantage de difficultés économiques pour ceux qui vivent dans les pays les plus développés. Pour ceux qui se préoccupent de la sécurité géopolitique, moins de gaz canadien signifie que les fournisseurs de rechange – y compris les acteurs menaçants qui cherchent à saper la liberté et la sécurité dans le monde – disposent davantage de moyens pour concrétiser leur vision.

L’agression de la Russie continue d’être principalement alimentée par les recettes qu’elle tire de ses exportations d’énergie. Le dernier communiqué du G7 a reconnu ce fait, et vous et vos collègues avez déclaré ce qui suit :

[Traduction]

Nous continuerons à prendre des mesures pour limiter les futures recettes énergétiques de la Russie.

L’accélération du développement des exportations de gaz naturel du Canada est un moyen concret d’atteindre cet objectif.

Les prochaines réunions du G7 en Italie cette année et au Canada l’an prochain représentent des occasions pour notre pays de s’affirmer et d’exprimer une vision claire de la manière dont nos ressources – comme le gaz naturel – peuvent permettre de créer un monde plus durable et plus sûr. L’industrie gazière canadienne est prête à faire sa part.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mes sentiments les plus distingués,

Timothy M. Egan
Président et chef de la direction de l’Association canadienne du gaz
Président du conseil d’administration du fonds NGIF Capital Corporation

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