
L’Association canadienne du gaz (ACG) a eu le privilège d’interviewer l’honorable Tim Houston, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, afin de discuter de l’évolution du paysage énergétique de la province. Le premier ministre Houston a partagé ses perspectives sur le développement du gaz naturel, l’abordabilité énergétique et l’approche à long terme de la Nouvelle-Écosse en matière de compétitivité économique et de gestion des ressources.
L’abordabilité est une priorité pour de nombreux Néo-Écossais. Comment le développement accru de la production de gaz naturel de la province pourrait-il contribuer à stabiliser les coûts à long terme?
À l’heure actuelle, tout le gaz naturel que nous utilisons en Nouvelle-Écosse est extrait ailleurs et nous est vendu par les États-Unis. Et ce, malgré le fait que nous disposions de suffisamment de gaz naturel pour alimenter notre province pendant des milliers d’années et pour répondre à la demande totale du Canada pendant plus de 30 ans. C’est comme si nous arrêtions de cultiver des bleuets en Nouvelle-Écosse et que nous importions tous nos bleuets des États-Unis à un prix élevé. Cela n’est pas logique. Produire et utiliser le gaz naturel dont la Nouvelle-Écosse a la chance de disposer nous permettra de bénéficier d’un approvisionnement abondant, de stabiliser les prix et de réduire les coûts de transport et autres.

Le réseau de gaz naturel en Nouvelle-Écosse est relativement récent. Quelles mesures la province peut-elle prendre pour soutenir l’expansion de son réseau vers de nouvelles communautés industrielles, autochtones et rurales?
Le gaz naturel est peut-être relativement nouveau, mais la Nouvelle-Écosse a déjà connu une industrie du gaz naturel extracôtière florissante. Sous le premier ministre John Hamm, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, cette industrie a rapporté plus de quatre milliards de dollars en redevances directes à la province, qui ont été utilisées pour rémunérer les médecins et les infirmières et investir dans les routes, autant de choses dont nous avons désespérément besoin aujourd’hui. Elle a également permis de créer des milliers d’emplois qui ont soutenu des familles. Avec Nova Natural Gas, nous pouvons réitérer cet exploit.
Vous avez récemment lancé une campagne de sensibilisation auprès du public intitulée « Nova Natural Oil and Gas ». Quelles sont les principales idées fausses que vous souhaitez dissiper, et pourquoi est-il si important que le public comprenne bien cette question à l’heure actuelle?
Pendant trop longtemps, la Nouvelle-Écosse a eu pour habitude de refuser d’exploiter ses ressources naturelles. Cela a conduit les investisseurs à douter de leur capacité à lancer des projets ici et a suscité le scepticisme du public à l’égard de secteurs entiers que des politiques gouvernementales peu ambitieuses avaient interdits de manière générale dans le passé. Notre objectif est de contribuer à l’économie du pays afin de ne plus dépendre de la richesse d’autres provinces. En démontrant les avantages pour les Néo-Écossais, nous espérons que le public soutiendra notre province afin qu’elle bénéficie des mêmes opportunités économiques que les autres provinces.
Vous avez clairement indiqué que la Nouvelle-Écosse est « ouverte aux affaires ». Quels sont les besoins exprimés par les investisseurs dans le secteur de l’énergie, et comment votre gouvernement s’efforce-t-il de leur donner confiance pour investir ici?
J’ai récemment assumé le rôle de ministre de l’Énergie afin de transmettre le message que la libération du potentiel énergétique de la Nouvelle-Écosse est une priorité absolue. En tant que premier ministre, je comprends pourquoi les investisseurs n’avaient pas confiance dans les ressources naturelles à l’époque où les gouvernements hésitaient même à aborder ces questions. Notre gouvernement a amélioré les processus d’octroi de permis, approuvé de nouveaux projets miniers et des expansions, et j’ai personnellement rencontré des représentants de l’industrie pour leur dire en personne que les opportunités en Nouvelle-Écosse sont réelles.
La mise en œuvre de projets énergétiques nécessite souvent une coopération étroite entre le gouvernement fédéral et les provinces. Dans quels domaines avez-vous le plus besoin de l’appui d’Ottawa pour aider la Nouvelle-Écosse à faire avancer ses projets?
Le premier ministre souhaite que le Canada devienne une superpuissance énergétique. La Nouvelle-Écosse peut non seulement y contribuer, mais grâce à l’énergie éolienne, à l’énergie marémotrice et au gaz naturel, nous pouvons devenir notre propre superpuissance énergétique au sein d’une superpuissance énergétique. Le premier ministre peut nous aider à y parvenir avec le soutien des ressources de ses projets d’intérêt national pour Wind West, en accordant des crédits d’impôt à l’investissement pour l’électricité propre et en confirmant l’accès au financement à faible taux d’intérêt de la Banque de l’infrastructure du Canada.
(Premier, Prime Minister Discuss Next Steps for Wind West | Government of Nova Scotia News Releases)
Nous avons constaté les avantages d’une politique claire concernant le gaz naturel, notamment en Ontario, où un énoncé de politique sur le gaz naturel a récemment été publié. Existe-t-il des projets visant à adopter un énoncé similaire pour la Nouvelle-Écosse?
Notre gouvernement a établi des conditions claires dans le cadre d’un appel d’offres ouvert et transparent lancé par la Régie Canada-Nouvelle-Écosse de l’énergie extracôtière. L’appel d’offres a été publié le 7 juillet et la date de clôture est fixée au 28 avril 2026.
Les dirigeants européens manifestent de plus en plus leur intérêt pour le gaz naturel canadien. Envisagez-vous la possibilité d’un terminal d’exportation de GNL vers l’Europe en Nouvelle-Écosse?
Absolument! On estime que nous disposons de suffisamment de gaz naturel extracôtier pour alimenter la Nouvelle-Écosse pendant des milliers d’années. Ce gaz naturel pourrait faire baisser les prix chez nous, tout en laissant des quantités suffisantes pour être exportées vers nos partenaires dans d’autres régions du Canada, nos alliés en Europe et dans le monde entier. Faire de la Nouvelle-Écosse un exportateur d’énergie procurerait de bons emplois et des avantages économiques aux Néo-Écossais.