Comment le Canada peut-il tirer parti de son avantage énergétique, en particulier le gaz naturel, pour se positionner comme un partenaire clé dans la sécurité énergétique nord-américaine?

Si vous avez un penchant pour le gaz naturel liquéfié (GNL), vous allez certainement être en faveur de l’orientation des politiques canadiennes et des stratégies énergétiques à l’approche de 2026.
D’une manière quelque peu paradoxale, l’élection de Donald Trump a réorienté de manière positive les perspectives du secteur gazier canadien et remodelé la politique intérieure relative à cette source d’énergie. La flambée des droits de douane américains a ébranlé l’économie mondiale, et la possibilité d’une récession provoquée par les décideurs politiques américains semble se concrétiser. De plus, rien ne concentre autant l’attention des responsables politiques que la perspective de pertes d’emplois et de contraction économique.
Dans ce contexte, le Canada connaît une transition rapide de ses priorités politiques, dont la plupart laissent entrevoir des avantages directs pour le secteur du gaz naturel. Depuis sa victoire électorale en avril, le premier ministre Mark Carney a clairement indiqué que les choses étaient en train de changer. Lorsque les dirigeants européens ont récemment interrogé Justin Trudeau sur la possibilité d’augmenter les exportations de GNL, la réponse a été plutôt négative. Tim Hodgson, le nouveau ministre de l’Énergie de M. Carney, a directement assuré à ces mêmes dirigeants cet été que cette réticence appartenait désormais au passé. Alors que le Canada cherche à développer ses échanges commerciaux avec l’Europe (et l’Asie, par ailleurs), les exportations de GNL se trouveront probablement au cœur des préoccupations.

Dans ce contexte, d’autres signes laissent entrevoir le potentiel du GNL. À chaque mission commerciale et diplomatique en Asie et en Europe, les perspectives de nouvelles sources de demande se multiplient. De plus, comme il a été mentionné précédemment, l’engagement en faveur des infrastructures énergétiques devrait rassurer les investisseurs préoccupés par la viabilité du transport d’un tel produit vers les clients.
Cependant, le facteur le plus encourageant est peut-être, une fois de plus, la position décourageante de notre voisin du sud. Comme l’ont souligné de nombreux dirigeants, le chemin le plus probable pour que le gaz naturel canadien arrive en Europe passe, ironiquement, par les États-Unis. On estime que 95 % ou plus de nos exportations de GNL transitent par l’Amérique. Dans un monde où Trump a pratiquement abandonné l’idée que le Canada reste un allié, la volonté politique de renforcer notre capacité à commercer avec le reste du monde ne devrait pas s’éroder. Elle est passée d’une priorité économique à une question de souveraineté.
Pour 2026, que ce soit en raison de la réalité politique, de la nécessité économique ou de l’évolution des temps, l’engagement du gouvernement fédéral envers le secteur du gaz naturel n’a jamais semblé aussi fort. Et il n’a jamais semblé aussi certain qu’il soit maintenu.
Scott Reid a été directeur des communications de l’ancien premier ministre Paul Martin, et est le cofondateur de Feschuk.Reid.
L’opportunité à saisir que représente le gaz naturel canadien : il est temps d’agir

Le domaine du gaz naturel représente actuellement une opportunité générationnelle pour le Canada. Nos ressources sont convoitées à l’échelle mondiale : les pays européens recherchent des solutions de rechange sûres au gaz russe, et les économies asiatiques ont besoin de plus d’énergie pour alimenter leur croissance. Avec des réserves abondantes, une main-d’œuvre hautement qualifiée et des normes environnementales de premier plan, nous sommes dans une position unique pour être à l’avant-garde de la production énergétique responsable. Cependant, les erreurs du gouvernement fédéral et la règlementation excessive ont permis à d’autres pays de prendre de l’avance au détriment du Canada.
Pendant près d’une décennie, le programme anti-production du gouvernement libéral de Trudeau a freiné les investissements et ralenti les progrès dans notre secteur du gaz naturel. Des mesures telles que le plafonnement des émissions, le système de tarification du carbone non concurrentiel et la règlementation restrictive sur le méthane ont été présentées comme nécessaires pour lutter contre le changement climatique, mais en réalité, elles ont imposé des limites rigides qui ont découragé l’innovation et rendu presque impossible toute expansion responsable pour les producteurs. L’interdiction des méthaniers et la « loi anti-pipelines » ont encore restreint le développement d’infrastructures essentielles, piégeant le gaz naturel canadien à l’intérieur de nos frontières alors que les marchés mondiaux réclamaient un approvisionnement fiable.
Pendant ce temps, les concurrents du Canada, y compris les États-Unis, ont saisi l’occasion et construit des terminaux de GNL à un rythme record, fournissant à l’Europe et à l’Asie une énergie qui aurait pu (et aurait dû) être canadienne. Cette incapacité à saisir l’occasion au bon moment a non seulement coûté aux Canadiens des milliers d’emplois bien rémunérés, mais a également réduit notre influence géopolitique à un moment critique. Au lieu de prendre une position de leader mondial et de renforcer notre domination sur la scène internationale, nous avons cédé du terrain aux États-Unis et à d’autres pays producteurs.
La récente élection du premier ministre Carney était censée marquer le début d’une nouvelle ère, axée sur la croissance économique, les résultats et la réalisation de projets. Les Canadiens se sont vu promettre moins de discours et plus d’actions. Cependant, malgré un changement initial dans le langage et le ton, tout semble indiquer que la paralysie règlementaire qui a entravé le gouvernement précédent va se poursuivre. Si la création très médiatisée du Bureau des grands projets est une initiative bienvenue, une approche fragmentaire ne permettra pas de libérer tout le potentiel du Canada.
La voie à suivre pour devenir une superpuissance énergétique est claire : le gouvernement doit prendre du recul et laisser l’innovation et l’expertise canadiennes prendre les devants. Le Canada doit donner la priorité aux projets qui peuvent être réalisés et développés rapidement, permettant ainsi à notre industrie de diversifier ses marchés et de soutenir de nouveaux secteurs tels que les centres de données alimentés par l’énergie canadienne. Il doit créer un cadre règlementaire prévisible qui s’applique de manière équitable à tous les projets. Il n’a pas besoin de l’accompagnement du gouvernement. Le véritable succès ne viendra pas de politiques ponctuelles ou de favoritisme politique, mais de la clarté, de la compétitivité et de la cohérence. Le gouvernement fédéral doit envoyer un signal fort et unique aux investisseurs mondiaux pour leur indiquer que le Canada est ouvert aux affaires, engagé dans une production énergétique responsable et déterminé à développer son secteur du gaz naturel.

Si Ottawa agit de manière décisive, les avantages seront considérables : augmentation des investissements, création d’emplois bien rémunérés dans tout le pays et croissance économique accrue pour l’ensemble de la nation. Le temps des demi-mesures et des consultations interminables est révolu. Les Canadiens méritent un gouvernement qui défendra notre secteur du gaz naturel et donnera à nos travailleurs les moyens d’être compétitifs et de s’imposer sur la scène internationale.
Le choix qui s’offre à nous est urgent et clair. Le Canada peut saisir cette occasion ou la laisser passer au profit d’autres pays. Il est temps d’agir.
Robin Guy est vice-président chez Crestview Strategy à Ottawa. Il possède près de 20 ans d’expérience dans le domaine des affaires publiques, dont plus de dix ans en tant que membre du personnel politique de plusieurs ministres du gouvernement Harper.
Comment le Canada peut-il tirer parti de son avantage énergétique, en particulier du gaz naturel, pour se positionner comme un partenaire clé dans la sécurité énergétique nord-américaine?

Chaque mètre cube de gaz naturel sous le sol canadien représente une promesse de sécurité énergétique et de prospérité, mais sonne aussi comme un avertissement. En effet, alors que le monde s’oriente vers des sources d’énergie à faibles émissions, il est crucial de savoir comment exploiter les ressources en gaz naturel du Canada de manière à promouvoir la sécurité énergétique, tout en respectant les engagements environnementaux.
Les vastes réserves canadiennes de gaz naturel nous offrent la possibilité de renforcer la sécurité énergétique de notre pays alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales, les marchés pétroliers mondiaux et nos relations commerciales – en particulier avec les États-Unis – deviennent de plus en plus volatils et instables.

Les chiffres ne mentent pas. Le Canada possède l’une des plus grandes réserves de gaz naturel au monde; et oui, ce gaz brûle plus proprement que le charbon. Cependant, sans une surveillance adéquate, un partenariat avec les communautés autochtones et davantage de valorisation au Canada, cet avantage se transformera en une occasion ratée.
Le fait de développer nos infrastructures pour les combustibles fossiles sans mesures claires de protection du climat risque de compromettre les objectifs de réduction des émissions du Canada. Le leadership de notre pays ne devrait pas se limiter à fournir davantage de combustibles fossiles, mais plutôt à démontrer comment un pays riche en énergie comme le nôtre peut également jouer un rôle de premier plan dans la décarbonisation.
La voie à suivre exige également un véritable partenariat avec les communautés autochtones. Il ne s’agit pas seulement de les consulter, mais aussi d’assurer une participation économique concrète de leur part. Si le Canada souhaite exploiter ses ressources en gaz naturel de manière responsable, les dirigeants autochtones doivent jouer un rôle central dans la planification des projets et les accords de partage des bénéfices. Il est temps de mettre fin aux promesses non tenues.
L’avantage que présente le gaz naturel canadien doit constituer un pont, et non un détour. Nous ne pouvons pas l’utiliser comme prétexte pour retarder la transition vers les énergies propres. Au contraire, il doit ouvrir la voie à un avenir renouvelable. Les revenus générés par les exportations de gaz naturel devraient être réinvestis dans des projets d’énergie renouvelable à grande échelle, dans la modernisation du réseau électrique et dans l’innovation des technologies vertes. Il est essentiel que le prochain gouvernement s’engage à mettre en place des mécanismes politiques qui contribuent à financer les investissements nécessaires pour faire du gaz naturel canadien le plus propre de l’Amérique du Nord.
Il ne s’agit pas seulement de faire ce qui est juste, mais aussi de placer la population canadienne au cœur de notre politique industrielle et climatique.
Pendant trop longtemps, les travailleurs ont dû naviguer seuls dans la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Cette approche n’est pas acceptable. Comme ce sont les travailleurs canadiens qualifiés qui construiront notre avenir à faibles émissions de carbone, ils devront avoir une place centrale à la table de prise de décision alors que nous planifierons cet avenir. Cela signifie des emplois syndiqués de qualité, une formation professionnelle complète et des programmes de transition concrets qui garantissent qu’aucune région ne soit laissée pour compte.
Il ne s’agit pas d’un choix entre la sécurité énergétique et la responsabilité environnementale, comme certains le prétendent. Il s’agit plutôt de choisir entre rester dans un statu quo qui ne fonctionne pas ou avoir le courage de bâtir une nouvelle économie énergétique offrant une plus grande sécurité économique ainsi que des communautés prospères, et où il fait bon vivre partout au pays. C’est ça, donner la priorité au Canada.
Kathleen Monk est propriétaire principale de Monk + Associates, une société indépendante d’affaires publiques. Elle apparaît régulièrement à l’émission Power and Politics du réseau CBC News et siège au conseil d’administration de CIVIX, un organisme de bienfaisance non partisan qui se consacre à la formation de citoyens engagés.