Animé par un enthousiasme pour l’énergie et un désir d’apprendre, David Morton poursuit sa carrière en travaillant sur des questions liées à la fiabilité énergétique.

Par Graham Chandler

« J’ai toujours été intéressé par l’énergie – c’est l’une des raisons qui m’ont poussé à me diriger vers le génie mécanique » [traduction], explique David Morton, ing., ICD.D. Il est actuellement président-directeur général du Canadian Energy Reliability Council  (CERC), cadre en résidence chez Énergie Positive à l’Université d’Ottawa et président de l’International Confederation of Energy Regulators (ICER).

« Mon premier point d’entrée dans l’industrie de l’énergie a été la règlementation des services publics, explique-t-il. Les entreprises de services publics sont souvent les seuls fournisseurs de services énergétiques dans une région. Cela en fait ce que les économistes appellent des fournisseurs monopolistiques, dont les tarifs ne sont généralement pas soumis à l’influence du marché exercée par un concurrent. Cela expose potentiellement les clients au risque de payer trop cher ou de recevoir un service qui n’est pas optimal. » [Traduction]

Les organismes de règlementation des services publics sont avant tout des « organismes de règlementation économique » et leur rôle consiste à se substituer aux forces du marché afin de protéger les clients, explique-t-il. Ils doivent également veiller à ce que les services publics perçoivent suffisamment de recettes pour leur permettre de dégager un rendement équitable des investissements généralement considérables qu’ils doivent réaliser dans les infrastructures.

« C’est cette nécessité d’équilibrer les intérêts économiques qui m’intéresse, en plus de mon intérêt général pour l’énergie, explique M. Morton. Les aspects d’intérêt public qui consistent à faire en sorte que les entreprises de services publics fournissent une énergie sûre et fiable, qu’elles puissent obtenir un rendement équitable et que le public soit protégé contre tout excès des fournisseurs monopolistiques sont stimulants, intéressants et, lorsqu’on y parvient, gratifiants. » (Traduction) Et c’est ce qui a guidé sa carrière.

M. David Morton, ing., ICD.D., est président-directeur général du Canadian Energy Reliability Council (CERC), cadre en résidence chez Énergie positive à l’Université d’Ottawa et président de l’International Confederation of Energy Regulators (ICER).

David Morton est né au Royaume-Uni et y a vécu jusqu’à l’âge de 9 ans, lorsque sa famille a déménagé au Canada. « Mes parents avaient une certaine envie de voyager, et j’ai fini par aller à l’école à Thunder Bay (Winnipeg) et à Orlando (Floride), et dans plusieurs endroits du Sud de l’Ontario » [traduction], explique-t-il. Cette envie de voyager s’est également manifestée dans ses choix de carrière, qui ont débuté par un baccalauréat en sciences et en génie mécanique à l’Université de Toronto en 1977.

Avant de travailler dans les secteurs de l’industrie de l’énergie et des services publics, il a consacré une grande partie de sa carrière à l’informatique. « Tout a commencé par un intérêt pour ce qu’on appelait souvent l’informatique visuelle à la fin des années 1970 et au début des années 1980, explique-t-il. J’ai cofondé une entreprise afin de développer des logiciels permettant de créer des simulations et des modèles visuels. À l’époque, cela représentait une véritable révolution dans un monde où les ordinateurs personnels venaient tout juste d’apparaître et n’affichaient qu’un nombre limité de caractères sur un écran vert. J’ai utilisé le logiciel que nous avions développé pour créer des modèles pour divers projets, notamment l’agrandissement du terminal et la construction d’une deuxième piste à l’aéroport de Vancouver. » [Traduction]

Le succès de ce projet l’a incité à poursuivre une carrière dans le domaine en plein essor des technologies de l’information. « J’ai géré divers projets de développement informatique pour des entreprises et des organismes gouvernementaux, raconte-t-il. Bon nombre d’entre eux étaient conçus sur mesure et exigeaient une bonne compréhension des besoins des utilisateurs du système et de la capacité du logiciel à répondre à ces besoins, compte tenu des contraintes budgétaires du projet. » [Traduction]

En 2010, il a appris qu’un poste de commissaire à temps partiel était vacant à la BC Utilities Commission (BCUC). Il était très intéressé et s’est dit : « Je pourrais intégrer cela à mon autre travail, cependant, le travail était si intéressant que j’ai fini par prendre en charge de plus en plus de dossiers. Puis, environ cinq ans plus tard, le poste de président-directeur général s’est libéré et j’ai posé ma candidature, qui a été retenue. Ce poste m’a permis de mettre mes compétences en leadership au service de tous les Britanno-Colombiens. Ce fut un honneur d’être l’un des dirigeants ayant les plus longs états de service à la BCUC. L’une des considérations est l’échelle et la portée de l’énergie fournie par le gaz naturel, explique-t-il. Celui-ci fournit actuellement plus d’énergie que l’électricité, et certaines des utilisations du gaz naturel sont très difficiles à satisfaire avec l’électricité, comme la fabrication de ciment, par exemple. » [Traduction]

Bien qu’il soit théoriquement possible de remplacer le gaz naturel par l’électricité, cela impliquerait au minimum de doubler la quantité d’électricité que nous produisons actuellement au Canada, explique M. Morton. « Et ce doublement s’inscrit dans un contexte où nous pourrions également avoir besoin d’électricité supplémentaire si nous décidons d’électrifier notre réseau de transport en remplaçant les carburants à base de pétrole par l’électricité et si nous décidons aussi d’électrifier la liquéfaction du gaz naturel afin de développer un secteur d’exportation de GNL. De plus, tout cela s’ajoute à la fourniture de quantités croissantes d’électricité pour alimenter les centres de données et les processus d’intelligence artificielle (IA), et pour répondre à la demande croissante d’électricité d’une population en augmentation, ajoute-t-il. Même s’il ne faut jamais dire jamais, compte tenu de l’état actuel de la technologie et des infrastructures énergétiques, il est peu probable que le Canada abandonne le gaz naturel comme ressource », conclut-il. [Traduction]

« Compte tenu de l’état actuel de la technologie et des infrastructures énergétiques, il est peu probable que le Canada abandonne le gaz naturel comme ressource. » [Traduction]
« Je ne suis pas favorable à l’opposition du gaz naturel à l’électricité, ajoute M. Morton. Je m’efforce d’adopter une vision équilibrée et de poser les questions difficiles. Je pense que nous devons garder l’esprit ouvert et être conscients des défis et des limites de chaque source d’énergie. Je siège au conseil d’administration du Western Electricity Coordinating Council, qui est chargé de veiller au respect et à l’application des normes de fiabilité électrique dans une région appelée western interconnect, qui comprend 17 États américains ainsi que certaines parties du Nord du Mexique, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. La fiabilité de l’électricité est donc un sujet qui me tient à cœur, tout comme la fiabilité énergétique en général. » [Traduction]

M. Morton affirme que son désir d’équilibre s’étend à son mode de vie. « Le travail est important pour cet équilibre, et pour qu’il soit réussi, il faut aimer ce que l’on fait. J’ai l’immense chance de pouvoir dire que je suis passionné par le travail que je continue à faire, même si j’ai dépassé l’âge de la retraite. » [Traduction]

Par exemple, David continue de collaborer avec ses collègues du milieu de la règlementation à l’échelle internationale en tant que président bénévole de l’International Confederation of Energy Regulators (ICER).

Mais ce n’est pas tout : « J’ai récemment lancé une nouvelle initiative appelée le Canadian Energy Reliability Council, ajoute-t-il. Le Council a pour mission de créer de nouveaux modèles de collaboration à l’échelle du réseau énergétique et de contribuer à redéfinir la façon dont les décideurs politiques et le public perçoivent la fiabilité, précise-t-il. La fiabilité énergétique est un sujet qui nous concerne tous, mais qui semble souvent passer au second plan derrière d’autres questions jugées plus urgentes. Je suis très heureux de pouvoir mener à bien cette initiative. » [Traduction]

Une autre réalisation dont il est fier est sa participation régulière à des conférences et à des formations internationales destinées à d’autres organismes de règlementation à travers le monde. « J’ai collaboré avec des organismes de règlementation et des gouvernements au Botswana, en Macédoine, en Zambie, en Namibie, en Moldavie, au Sri Lanka, en Argentine, en Bosnie, en Dominique, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Brésil, au Kazakhstan et au Bangladesh. » [Traduction]

En plus de ces activités et de nombreuses autres activités paraprofessionnelles, « l’un de mes passe-temps consiste à essayer de comprendre l’histoire, explique-t-il. Comme l’a dit le philosophe espagnol George Santayana : ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. Je pense qu’à bien des égards, nous sommes à la croisée des chemins et qu’en tant que société, nous sommes trop prompts à ignorer les leçons de l’histoire. » [Traduction]

Ainsi, cet esprit familial d’aventure n’a jamais vraiment quitté David. Même s’il s’exprime sous des formes légèrement différentes, il est toujours présent. « Lorsque je ne suis pas occupé par des activités liées à l’énergie ou aux services publics, j’apprécie voyager, tant au niveau local qu’international, explique-t-il. J’ai la chance de vivre dans une région magnifique du monde, je ne me lasse jamais des paysages de la côte Ouest. Je trouve que voyager à l’étranger m’ouvre les yeux et l’esprit à d’autres cultures et d’autres perspectives. C’est également l’occasion d’en apprendre davantage sur l’histoire commune qui nous unit tous. » [Traduction]