Article d’opinion : Réflexions sur la conférence CERAWeek
Lors de la conférence CERAWeek de 2026, le message était clair : les pays qui peuvent compter sur une énergie fiable et abordable acheminée au moyen d’un réseau d’approvisionnement résilient, comme c’est le cas pour le gaz naturel, joueront un rôle de premier plan sur leur territoire et soutiendront leurs alliés à l’étranger.
Par Susanna Zagar, présidente et cheffe de la direction, Association canadienne du gaz
La conférence CERAWeek n’est pas très connue en dehors du secteur de l’énergie, mais elle mériterait de l’être. Ce rendez-vous mondial de premier plan se tient à Houston et en est à sa 44e édition. Il rassemble plus de 10 000 participants, dont des responsables gouvernementaux et des représentants du secteur dans 89 pays, en vue de discuter des changements en cours et de l’avenir.
Au fil des discussions de cette semaine, un point revenait sans cesse. L’énergie n’est plus abordée uniquement comme une question environnementale ou économique. Elle est désormais considérée comme un enjeu de sécurité et de compétitivité, et la conclusion est sans équivoque : les pays les mieux placés pour attirer les investissements, soutenir la croissance industrielle et renforcer la résilience seront ceux qui seront en mesure de fournir l’énergie dont les citoyens et les entreprises ont besoin.
Or, cela vaut tout autant pour le Canada que pour n’importe quel autre pays. La capacité de notre pays à tenir ses engagements envers ses alliés dépend avant tout de sa capacité à le faire sur le plan national. Nous aurions tout intérêt à élaborer une stratégie claire en matière de gaz naturel – une stratégie qui soit régulièrement communiquée et qui puisse profiter tant aux gouvernements qu’à l’industrie dans leurs efforts pour attirer des capitaux au Canada.
Il est également clair que le débat a dépassé « tout ce qui précède » pour aborder une question plus urgente : nous aurons besoin de PLUS de ce qui précède. La demande n’attend pas. Toutes les perspectives crédibles soulignent la nécessité d’accroître l’offre, les infrastructures et les capacités à tous les niveaux du réseau, en commençant par ce que nous pouvons mettre en œuvre ici, chez nous.
« La demande n’attend pas. Toutes les perspectives crédibles soulignent la nécessité d’accroître l’offre, les infrastructures et les capacités à tous les niveaux du réseau, en commençant par ce que nous pouvons mettre en œuvre ici, chez nous. »
Dans ce contexte, le gaz naturel n’est pas un élément secondaire. Il joue un rôle central pour relever les défis actuels.
Partout au Canada, l’industrie de l’approvisionnement en gaz naturel répond à 40 % des besoins énergétiques du pays grâce à un réseau qui dessert plus de 7,6 millions d’abonnés. Il s’agit d’un réseau conçu pour les conditions canadiennes, qui offre évolutivité, capacités de stockage et fiabilité, et qui permet au Canada de répondre à la demande intérieure tout en contribuant à la sécurité énergétique mondiale.
Ce que j’ai également entendu cette semaine, c’est que la pression sur l’ensemble du réseau énergétique nord-américain ne fait que s’accentuer, ce qui signifie que nous devons accélérer les procédures d’autorisation et la construction afin de répondre à la demande des consommateurs. Tout cela s’inscrit dans un débat bien plus concret que celui que nous menions il y a encore quelques années. La question n’est pas simplement de savoir à quel type d’avenir énergétique nous aspirons. Il s’agit de savoir si nos réseaux sont capables d’assurer l’abordabilité, la fiabilité et la résilience pendant que cet avenir se construit.
Les dirigeants canadiens affirment aujourd’hui que l’avenir peut s’appuyer sur le gaz naturel. Comme l’ont souligné le ministre Hodgson et d’autres intervenants, « la sécurité énergétique est une question de sécurité nationale ». Son récent message est également un signal d’ambition bienvenu : [traduction] « Nous remporterons cette course. Et nous ne la remporterons qu’avec le gaz naturel. » Cette clarté est importante et mérite d’être saluée. Le gaz naturel est un formidable catalyseur : il alimente l’IA, soutient la délocalisation intérieure et fournit une énergie abordable et fiable. Toutefois, il ne peut pas être considéré simplement comme une opportunité d’exportation. Le Canada doit harmoniser sa politique intérieure pour profiter de ses ressources et de ses infrastructures existantes afin de favoriser l’abordabilité, la croissance économique et la résilience du réseau.
Le Canada bénéficie d’une situation unique grâce à ses abondantes ressources en gaz naturel appuyées par un vaste réseau de distribution. Cet atout devrait faire partie intégrante de notre réflexion sur la résilience et la vigueur économique de notre pays.
Le gaz naturel est au cœur de l’abordabilité. Il garantit la fiabilité. Il favorise la croissance économique. Son rôle doit être clairement reconnu et soutenu, non seulement dans les forums internationaux comme la conférence CERAWeek, mais aussi dans les politiques et les décisions que nous prenons chez nous au nom des Canadiens.

Le Canada a l’occasion d’aborder cette période avec confiance et pragmatisme, et de présenter le gaz naturel comme le pilier du réseau énergétique qu’il constitue déjà aujourd’hui. Si l’on en juge par les discussions menées lors de la conférence CERAWeek, les décennies à venir exigeront davantage de chaque composante du système énergétique, et non l’inverse.